• Antoine Boureau

La Russie sibérienne

Bonjour à tous,


Merci pour vos impression sur votre précédent message, je vois que vous avez l'habitude de voyage! Merci aussi pour les photos et la jolie photo de poisson qui sèche !


Voici maintenant mes réponses à vos questions :


- Sur la première photo, est ce qu’on voit un château ou une église ?

Les deux ! Il y a un clocher d’une église, celui avec le toit blanc et les tours des fortifications de la vieille ville qui sont eux orange.


- Est ce qu’il fait froid en Estonie ? Quel âge ont les jumelles ?

Il ne faisait pas encore trop froid en Estonie car j’y étais en septembre, le froid c’était plutôt en Russie, j’en parle justement dans mon message. Et les jumelles ont 9 ans.


- La photo de la vache nous a fait rire. Pourquoi a-t-elle beaucoup de poils ?

La vache a beaucoup de poils pour résister au froid. En réalité son long pelage est composé de deux couches de poils : le poil extérieur huileux et très long, qui recouvrent un sous-poil laineux.


- Qu’est ce que c’est le bortsch, qu’est ce qu’il y a comme ingrédients dedans ? Quelle est la recette ? Est ce que la cuisine russe est bonne ? Comment sont les plats ? Qu’est ce qu’on mange dans un repas russe ? Est-ce qu'il y a des fourchettes ?

Il n’y a pas beaucoup de plats traditionnels russes en dehors du Bortsch, ce n’est pas comme au Japon ! Chez les gens, il y a souvent à table de nombreux plats : de la purée, de la viande hachée un peu comme des kofté, du pain, du bortsch bien sûr. Et en dessert il y a souvent des crêpes avec de la confiture maison. Et en boisson du thé à tous les repas. Et oui il y a des fourchettes en Russie. En ce qui concerne le bortsch, il y a beaucoup de recettes mais c’est toujours une soupe non mixée à base de chou rouge avec de la viande, de l’aneth et quelques légumes.


- Comment as-tu fait pour être invité par les gens ? Est ce que tu as dormi chez eux ?

Alors pour faire des rencontres il faut déjà rentrer en contact avec des gens, c’est justement là une grande part de mon travail : rencontrer des gens sans les connaître avant, cela n’est pas évident. Pour cela j’ai plusieurs options, soit par des amis d’amis, soit par des rencontres fortuites, soit en passant par des institutions (écoles, mairie…) soit par Internet. Et oui j’ai parfois été invité à dormir, trois fois au total en Russie.


- Quelle langue parle-t-on en Russie ?

On parle de nombreuses langues en Russie, le russe bien sûr mais aussi les langues des peuples comme les Nenets, les Yakoute…


- Est ce qu’il y a beaucoup de magasins et de restaurants ?

Oui il y a beaucoup de magasins et de restaurants dans les grandes villes et il y a aussi des magasins dans les villages mais moins de restaurants.


- On a bien aimé la photo de la cathédrale à Moscou, ça faisait penser à Disneyland ou à un château. Est-ce que tu es entré à l’intérieur et est-ce que tu as des photos ? Est-ce que c’était beau ?

Oui j’ai pu entrer dedans et faire des photos, c’était très beau et très calme, j’étais presque le seul à visiter. Voici quelques photos de l’intérieur : https://www.antoine-photos.com/?search=sainte%20basile%20int%C3%A9rieur&orientation=


- Et est-ce que tu sais pourquoi il y a autant de toits jaunes en Russie, est-ce que c’est en or ?

Oui ce sont des toits de bâtiment important et symbolique qui sont passé à la feuille d’or. Mais ce n’est pas partout comme cela en Russie, c’est vraiment particulier à Saint-Pétersbourg.


Et voici maintenant mon nouveau message :


Привет ! (se prononce Priviette et veut dire bonjour en russe de façon amicale)


Retour donc en Russie, après la Russie européenne dans le précédent message, allons maintenant en Sibérie et à la rencontre de différents peuples.


Après quelques jours à Salekhard à rencontrer de nombreuses personnes, je pars en bus avec Yuri qui est Nenets mais qui à lui choisis de vivre en ville à Salekhard. Après ce trajet de cinq heures en bus, nous montons dans une voiture pour un nouveau trajet de cinq heures, au début sur la route, puis sur une piste. Enfin, à la nuit tombée, je rencontre la famille de Slepushkine. Yuri annonce au chauffeur qu’il faut revenir dans une semaine au même endroit à midi. C’est important de prendre un rendez-vous précis, car là où nous sommes il n’y a ni réseau téléphonique, ni Internet. Je vais partager la vie de cette famille en dormant sous la chum pendant une semaine.

Puisqu'il y a souvent des questions cuisines, voici quelqu'un à Salekhard, la veille de mon départ, qui prépare une assiette de Stroganina, c'est du poisson cru congelé, ça se mange comme ça et c'est délicieux.


Et vous, avez-vous déjà mangé du poisson cru ou de la viande crue ?



Dans la chum habitent Anya la grand-mère ; Slepushkine et Voladia les parents ; Savely le fils de 9 ans, interne à la ville et qui ne rentre qu’aux vacances ; Nastya, 6 ans ici en photo et Victoria 4 ans les deux filles et Miroslav, le bébé de 7 mois né au printemps.


Voici le paysage des environs de la chum, la toundra.


Couture de peaux de rennes afin de fabriquer des vêtements.


Il faut bien s'habiller pour sortir, en octobre les températures oscillent entre 0 et -10° mais en hiver il fait entre -30 et -40 degrés.

Le bois est essentiel pour se chauffer mais aussi pour cuisiner.


La table du repas dans la chum avec du renne cru, des airelles au sucre, du beurre, du pain (sec) accompagné de thé et de biscuits.


Nastya aime regarder des livres avec des images. Pour l'instant elle n'est jamais allée à l'école mais l'année prochaine elle sera interne et rejoindra son frère.

Nastya met du feu dans le poêle qui est aussi la cuisinière.

Nastya ramasse les dernières airelles avant que la neige recouvre tout. Cette petite baie un peu acide est très bonne.


Afin d'avoir de l'électricité, Slepushkine allume le groupe électrogène quelques heures chaque soir.


Après cette expérience assez intense, je suis retourné à Nadym en voiture et j’ai pris un bus en direction de la gare de Novyy Urengoy. Là je suis monté dans un train jusqu’à Tiumen pour rejoindre la célèbre ligne du Transsibérien.




Au total j’aurais passé 190 heures dans le train en Russie soit environ 8 jours et autant de nuit ! Et vous, avez-vous déjà pris le train ? Est-ce que vous aimeriez dormir dans un train ?


Voici ci-dessous une photo d’un panneau accroché dans mon wagon qui indique l’heure d'arrivée et de départ dans les différentes gares ainsi que les temps d’arrêts entre Moscou et Neryungri.



Ce n'est pas très lisible mais sur le côté il y a des petits +1, il s’agit du décalage d’horaire. Et oui, le pays est si grand qu’il y a de nombreux fuseaux horaires en Russie. Lorsque j’étais à Moscou et Saint-Pétersbourg, je n’avais qu’une heure de décalage avec la France, alors qu’à Khabarovsk j’avais 9h. Lorsque j’ai appelé une amie, il était 11h en France, alors que pour moi il était 20h. À la fin de l’appel nous avons pu nous souhaiter bon appétit mais pas pour le même repas.


De Tiumen, j’ai pris le train pour le nord du lac Baïkal, pour voir ce lac mais aussi pour effectuer un reportage sur les Evenks éleveurs de rennes.

Plage de galets au bord du lac Baïkal partiellement gelée.

J’ai pu aussi continuer mon travail sur les jeux d'enfants, voici une des photos qui ne sera sûrement pas à l'exposition mais qui a été prise lors d'une séance photo pour l'exposition.


Après quelques jours au bord du lac je suis parti avec Misha, 11 ans, et sa mère Galia rejoindre leur oncle Sasha, qui vit dans un campement d’éleveurs de rennes Evenks. Là aussi le transport fut assez long pour arriver : cinq heures de voiture, deux heures de motoneige et une heure en traineau tiré par les rennes.


Misha derrière son oncle sur la motoneige circulant sur le lac gelé Amut


Sasha attele des rennes à un traineau

Misha et un ami de la famille devant une Chum Evenks. Cette chum est utilisée pour les cérémonies uniquement car les Evenks ne vivent plus dans des chums mais dans des maisons en bois plus comfortable.

Misha caresse des rennes dans un enclos protégé pour la nuit des prédateurs : les loups et les ours.

Un renne blanc.

Le troupeau de rennes part pour la journée manger, le soir il rentrera dans l'enclos parfois de lui même parfois aidé par les hommes vivant au campement.


Je ne suis malheureusement resté que 2 nuits dans ce lieu incroyable car je devais prendre le train pour rejoindre Estelle à Iakoutsk. Estelle est journaliste pour différents journaux et magazines français. Elle est basée à Moscou avec sa famille et elle parle russe. Mon train arrivant de l'autre côté de la rivière Lena j'ai dû la traverser dans un aéroglisseur, pour la rejoindre.




Ensemble, nous avons réalisé plusieurs reportages dans cette ville si particulière qui est la plus froide du monde. Et là, il faisait vraiment froid. Nous avions entre -25° et -35° dans la journée. Je n’ai jamais fait autant attention à ne pas perdre un gant que dans cette ville ! Nous ne pouvions rester dehors qu'environ 15 à 20 minutes avant de vraiment souffrir du froid. Les joues par exemple qui ne sont pas protégées par des vêtements se rigidifient et il devient difficile de sourire. Mais pour les habitants, cela n’était pas grand-chose, ils nous ont dit : normalement il devrait faire plus froid et de toute façon en janvier, les températures restent à -50°

Peu de gens dans les rues de Iakoutsk, on croirait que c'est le soir mais il est 15h30.


Au marché de Iakoutsk tout est congelé.


Avec Estelle, nous avons passé du temps dans différentes écoles. L’école en Russie regroupe toutes les classes du CP à la Terminale. Tous les enfants sont dans le même bâtiment et se croisent. J’ai trouvé cela vraiment bien car tout le monde prend soin de tout le monde.

Lorsque les élèves arrivent, ils commencent à aller aux vestiaires, changent de chaussures, enlèvent leur combinaison.


Et donc la récréation se fait à l’intérieur.

Mais cela n'empêche pas de jouer dehors au moment de la sortie ! Là il faisait -36°.

En classe de CP, enfant apprennant à écrire.


Enfin avec Estelle, nous avons aussi parcouru les forêts des environs de Iakoutsk dont une grande partie sont brûlées. Nous avons discuté avec les habitants pour comprendre les problèmes des conséquences des feux de forêts et avons aussi rencontré des scientifiques sur ce sujet.

Exceptionnellement j'ai aussi pris des photos avec un drone :


Pour ne pas terminer mon message sur le feu, voici une dernière photo.

Je vous laisse deviner ce que c’est ?


Et je vous expliquerai le contexte de cette photo lors de mon prochain message car celui là est déjà vraiment très long.


Bonne fin d’année à vous,


Antoine