• Antoine Boureau

Dernier pays du voyage, le Costa Rica

Bonjour les 5ème C de Jarnac,


Merci pour votre message et toutes vos questions, je vais essayer d'y répondre au mieux.


- Apprendre à lire c'est une forme de liberté, n’est ce pas ?!

Oui totalement et écrire aussi !


- Cela nous a donné envie de nous baigner dans les cascades, mais autant d’eau, cela ne fait-il pas mal lorsqu’on passe dessous ?

Je n’ai pas essayé mais là il n’y avait pas beaucoup de débit car nous sommes à la saison sèche. Quand ça sera la saison des pluies cela sera différent.


- Lorsque la famille dans laquelle vous avez séjourné se rend à San Juan, dort-elle sur place ou fait-elle l’aller-retour dans la journée ?

Elle dort sur place car ils ont de la famille à San Juan.


- Y-a-t-il une école ou comment les enfants sont-ils scolarisés ?

Il n’y a pas d’école mais il y a un professeur qui passe dans les maisons une semaine par mois.


- Comment sont gérés les déchets avec l’éloignement ?

Bonne question ! La meilleur façon de gérer les déchets c’est de ne pas en produire et concrètement les quelques déchets sont brûlés.


- Avez-vous vu des caïmans adultes ?

Oui !


- Est-ce que les habitants ne boivent que de l’eau de Coco ?

Ah non, cela est un exemple mais bien sûr ils boivent aussi de l’eau, des jus de fruits, etc.


- Ont-ils une tenue traditionnelle ?

Les Ramas n’ont plus de tenue traditionnelle mais ils ont les cheveux longs par tradition.


- Le peuple Rama pêche t-il avec des cannes à pêche ou seulement avec des pièges ?

Ils pêchent aussi avec un fil et un hameçon et un clou en guise de plomb.


- La famille a-t-elle fait sa propre pirogue ?

Oui elle est faite à partir d’un seul arbre qui est creusé.


- Quel est le plat traditionnel de leur région ?

On mange beaucoup de manioc avec du poisson et du riz. Les bananes plantain sont aussi très consommées.


Et voici maintenant le nouveau message.


***


Après cet intense séjour dans la forêt tropicale avec le peuple Ramas, j’ai passé la frontière terrestre en autobus et je suis entré au Costa Rica. Je suis d’abord resté quelques jours dans la capitale puis j’ai rejoint en bus une station de recherche scientifique située dans la forêt tropicale.


Cette station de recherche appelée "La selva" est un lieu où viennent vivre et travailler des chercheurs du monde entier pour étudier la forêt tropicale. J’ai rencontré plusieurs chercheurs et ils sont tous passionnés par la nature et ils m’ont tous dit : « Pour pouvoir protéger la nature, il faut la connaître. »


En voici 2 dont je vais vous parler : Alejandro et Lindsay


Alejandro et son équipe travaillent sur la question de la pollinisation et je les ai suivis pendant leur travail. Ils font une étude globale sur la question : « Par l’intermédiaire de quel animal les plantes se reproduisent-elles ?». Nous connaissons les abeilles et les papillons mais il y a aussi en milieu tropical les chauves-souris et les colibris qui transportent le pollen.


Pour mener cette étude, il faut attraper les animaux sans les blesser et prélever le pollen qu’ils transportent. Par la suite une observation au microscope puis une analyse ADN du pollen va permettre de déterminer le pollen de quelle plante ce type de colibris ou de chauve-souris transporte.





La nuits ils étudient les chauve-souris...

... et le jour les colibris.



Dans le restaurant (qui ressemble à une cantine) de la station de recherche Laura et Frederico de l'équipe d'Alejandro discutent de l'identification de fleurs trouvées dans la forêt.


Lindsay travaille, elle, sur ce qui se passe sous terre. Elle me dit « On apprend souvent qu’il faut du soleil et de l’eau pour que les plantes poussent mais il faut aussi que sous la terre des échanges se passent ». L’étude concerne donc les échanges entre les racines et des éléments contenus dans la terre comme certaines bactéries. Comment la plante se nourrit et pourquoi elle pousse mieux à certains endroits qu’à d’autres. Elle ajoute « En ce qui concerne les plantes comestibles comme le maïs, le soja etc. il y a beaucoup d’études qui sont menées mais très peu sur la forêt tropicale. Pourtant afin de capter le carbone, plusieurs projets de plantation de forêt sont mis en place mais ils ne fonctionnent pas toujours car on ne sait pas ce qui se passe sous la terre ».


Lindsay étudie spécifiquement ce qui se passe lorsque la forêt repousse dans un trou de canopée. Après une tempête des arbres tombent et cela crée un trou dans la forêt. Mais que se passe t-il sous terre pour que cela repousse aussi bien et aussi vite ?


Voici un trou de canopée, une zone ou l'on voit le ciel, c'est rare dans la forêt tropicale.

Lindsay cherche spécifiquement des bactéries fixées aux racines.

On voit ici les bactéries qui forment des petites boules le long des racines.

La terre est aussi analysée.


Une fois mon reportage terminé dans la station de recherche, j’ai repris un bus en direction de Manzanillo et je suis resté une semaine dans ce petit village au bord de l’océan Atlantique. Là j’ai réalisé un reportage sur une petite association qui œuvre à la préservation du Grand Ara vert.



Cet oiseau de la famille des perroquets est une espèce en danger car sa population totale est estimée à 3500 individus. La principale raison à cela est la disparition de leur arbre fétiche : l'amandier des montagnes. Ce bois était largement utilisé au Costa Rica pour la construction jusqu'en 2008, date à laquelle le gouvernement l'a classé comme arbre protégé.



C'est dans cet arbre que le Grand Ara vert fait son nid en y cherchant des cavités entre les branches. Et les amandes de cet arbre sont très importantes pour son alimentation, notamment lors de la nidification. L'association a décidé de fabriquer des nids avec des grands bidons et de les installer à plus de 25 mètres de haut comme le font les oiseaux. Lorsque les oisillons naissent, l'équipe monte régulièrement vérifier les nids afin de contrôler l'état de santé des poussins et les baguer.



Mathieu monte à l'arbre chercher les oisillons mais le couple de Grand Ara vert n'est pas content.

Duaro vérifie que tout va bien. Cette fois-ci tout l'oisillon est en pleine santé.


Enfin, j’ai terminé mon voyage dans une autre base scientifique beaucoup plus petite que "La Selva", à Tortuguero. J’ai photographié Emmanuel, 11 ans qui vit là et qui parfois aide les chercheurs comme ici sur un travail de comptage des chauve-souris .



Cette feuille a été pliée en forme de tente par une chauve souris...


... elle s'y repose la journée et elle en sort la nuit.



Et vous, quels animaux sauvages avez-vous déjà observé dans leur milieu naturel ?


Avez-vous déjà participé à des actions de protection de la nature ?


Très bon mois d'avril et à bientôt !


Antoine