• Antoine Boureau

Dernier pays du voyage, le Costa Rica

Bonjour à tous !


Merci pour votre messages et vos nombreuses questions, je vais essayer d'y répondre au mieux.


- Les photos du volcan nous ont beaucoup intrigué. As-tu vu une éruption du volcan ? A-t-il déjà fait beaucoup de dégâts autour de lui ?

Alors techniquement ce volcan est en éruption et j’ai déjà vu de la lave qui jaillissait d’un volcan au Vanuatu : https://www.antoine-photos.com/?search=+%C3%A9ruption&orientation=

Et la très grande éruption de ce volcan n’a pas fait trop de dégât chez les hommes car c’était il y a 6500 ans — une des plus grande éruption de ces 10 000 dernières années.


- Est-ce lui qui a fait envoler l’oiseau ? Est-ce pour ça qu’il est en train de sauter ? Ou est-ce du pur hasard si on voit l’ombre de cet oiseau ?

Alors ce n’est pas du hasard car il joue à faire décoller le pigeon.


- Comment s’appellent les chevaux sur les photos ? As-tu pu les monter ?

J’ai oublié leurs noms… Et non, je ne suis pas monté à cheval, car j’étais avant tout là pour prendre des photos mais j'aime bien monter à cheval !


- Comment fait-on pour ouvrir une noix de coco ?

Il faut une machette bien affutée !


- Sur le mur de la chambre sont dessinées 3 sirènes pour chacune des filles mais la baleine représente qui ?

Alors la je ne sais pas du tout, peut-être un ange gardien ?


- Concernant le peuple Rama, nous sommes très impressionnés de voir qu’ils sont capables de faire 8h de pirogues pour simplement du café, du sucre et du sel. Ne peuvent-ils pas s’en passer ? C’est 8h aller-retour ou juste l’aller ? Comment font-ils pour acheter leur vêtement ?

Alors je parlais uniquement du côté alimentaire, ils achètent d’autres choses lorsqu’ils sont à San Juan de Nicaragua. Ils en profitent aussi pour vendre des noix de coco et des régimes de banane. Pour le temps, tout dépend s’ils ont de l’essence ou non. Sur l’ensemble des bateaux des 16 familles habitants le long du fleuve, seuls deux ont un moteur.


- Leur maison nous fait penser à des cabanes dans les arbres. Sont-elles petites ? Y-a-t-il plusieurs pièces comme chez nous ou simplement une pièce de vie où tout le monde dort ? Combien sont-ils à vivre dans cette maison ?

J’ai vu plusieurs maisons, car je suis resté dans plusieurs familles, en général il y a une seule pièce où tout le monde dort. Il s’agit souvent de maisons avec les 3 générations ensemble.


- On suppose qu’elles sont en hauteur pour se protéger des caïmans entre autres. Mais ne fait-il pas trop froid étant donné que tout est ouvert ?

Les maisons sont sur pilotis car lors de la saison des pluies il y a de très gros orages et la rivière monte beaucoup. En ce qui concerne le froid, ça va, les deux saisons sont la saison sèche et la saison des pluies, il n’y a pas d’hiver.


- Comment as-tu fait pour prendre la photo du caïman ? Pour ne pas te faire « prendre » ? Comment les hommes font-ils pour se baigner sachant qu’il peut arriver un caïman dans la rivière où ils sont ? Ils ont des techniques pour les faire fuir ? On se demande quels sont les autres dangers pour eux que les caïmans ?

Il faut savoir que les animaux sauvages ne vont pas chercher à attaquer l’homme donc il n’y a pas de risque à approcher la vie sauvage en respectant des précautions élémentaires de sécurité. En ce qui concerne la baignade, le plus important est de ne pas rester plus d’une minute dans l’eau et le caïman ne risque pas d’attaquer.

Le principal danger n’est pas les crocodiles en général mais plutôt les serpents car on peut marcher dessus sans faire attention. Et encore plus dangereux, il y a le moustique.


- Ces gens ont-ils connaissance de notre confort à nous ? Cela leur fait-il envie ? Qu’est ce qui pour eux relève du confort ?

Ils ont connaissances de certains conforts comme l’existence de frigo et tout ce qu’il y a en ville à San Juan. Les enfants adorent les glaces à l’eau quand ils vont à San Juan de Nicaragua.


Et voici maintenant le nouveau message.


***


Après cet intense séjour dans la forêt tropicale avec le peuple Ramas, j’ai passé la frontière terrestre en autobus et je suis entré au Costa Rica. Je suis d’abord resté quelques jours dans la capitale puis j’ai rejoint en bus une station de recherche scientifique située dans la forêt tropicale.


Cette station de recherche appelée "La selva" est un lieu où viennent vivre et travailler des chercheurs du monde entier pour étudier la forêt tropicale. J’ai rencontré plusieurs chercheurs et ils sont tous passionnés par la nature et ils m’ont tous dit : « Pour pouvoir protéger la nature, il faut la connaître. »


En voici 2 dont je vais vous parler : Alejandro et Lindsay


Alejandro et son équipe travaillent sur la question de la pollinisation et je les ai suivis pendant leur travail. Ils font une étude globale sur la question : « Par l’intermédiaire de quel animal les plantes se reproduisent-elles ?». Nous connaissons les abeilles et les papillons mais il y a aussi en milieu tropical les chauves-souris et les colibris qui transportent le pollen.


Pour mener cette étude, il faut attraper les animaux sans les blesser et prélever le pollen qu’ils transportent. Par la suite une observation au microscope puis une analyse ADN du pollen va permettre de déterminer le pollen de quelle plante ce type de colibris ou de chauve-souris transporte.





La nuits ils étudient les chauve-souris...

... et le jour les colibris.



Dans le restaurant (qui ressemble à une cantine) de la station de recherche Laura et Frederico de l'équipe d'Alejandro discutent de l'identification de fleurs trouvées dans la forêt.


Lindsay travaille, elle, sur ce qui se passe sous terre. Elle me dit « On apprend souvent qu’il faut du soleil et de l’eau pour que les plantes poussent mais il faut aussi que sous la terre des échanges se passent ». L’étude concerne donc les échanges entre les racines et des éléments contenus dans la terre comme certaines bactéries. Comment la plante se nourrit et pourquoi elle pousse mieux à certains endroits qu’à d’autres. Elle ajoute « En ce qui concerne les plantes comestibles comme le maïs, le soja etc. il y a beaucoup d’études qui sont menées mais très peu sur la forêt tropicale. Pourtant afin de capter le carbone, plusieurs projets de plantation de forêt sont mis en place mais ils ne fonctionnent pas toujours car on ne sait pas ce qui se passe sous la terre ».


Lindsay étudie spécifiquement ce qui se passe lorsque la forêt repousse dans un trou de canopée. Après une tempête des arbres tombent et cela crée un trou dans la forêt. Mais que se passe t-il sous terre pour que cela repousse aussi bien et aussi vite ?


Voici un trou de canopée, une zone ou l'on voit le ciel, c'est rare dans la forêt tropicale.

Lindsay cherche spécifiquement des bactéries fixées aux racines.

On voit ici les bactéries qui forment des petites boules le long des racines.

La terre est aussi analysée.


Une fois mon reportage terminé dans la station de recherche, j’ai repris un bus en direction de Manzanillo et je suis resté une semaine dans ce petit village au bord de l’océan Atlantique. Là j’ai réalisé un reportage sur une petite association qui œuvre à la préservation du Grand Ara vert.



Cet oiseau de la famille des perroquets est une espèce en danger car sa population totale est estimée à 3500 individus. La principale raison à cela est la disparition de leur arbre fétiche : l'amandier des montagnes. Ce bois était largement utilisé au Costa Rica pour la construction jusqu'en 2008, date à laquelle le gouvernement l'a classé comme arbre protégé.



C'est dans cet arbre que le Grand Ara vert fait son nid en y cherchant des cavités entre les branches. Et les amandes de cet arbre sont très importantes pour son alimentation, notamment lors de la nidification. L'association a décidé de fabriquer des nids avec des grands bidons et de les installer à plus de 25 mètres de haut comme le font les oiseaux. Lorsque les oisillons naissent, l'équipe monte régulièrement vérifier les nids afin de contrôler l'état de santé des poussins et les baguer.



Mathieu monte à l'arbre chercher les oisillons mais le couple de Grand Ara vert n'est pas content.

Duaro vérifie que tout va bien. Cette fois-ci tout l'oisillon est en pleine santé.


Enfin, j’ai terminé mon voyage dans une autre base scientifique beaucoup plus petite que "La Selva", à Tortuguero. J’ai photographié Emmanuel, 11 ans qui vit là et qui parfois aide les chercheurs comme ici sur un travail de comptage des chauve-souris .



Cette feuille a été pliée en forme de tente par une chauve souris...


... elle s'y repose la journée et elle en sort la nuit.



Et vous, quels animaux sauvages avez-vous déjà observé dans leur milieu naturel ?


Avez-vous déjà participé à des actions de protection de la nature ?


Très bon mois d'avril et à bientôt !


Antoine